HISTOIRE DE MADAGASCAR

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L'HISTOIRE DE MADAGASCAR
L'HISTOIRE DE MADAGASCAR

Les Hespérides du monde austronésien Les historiens ont longtemps pensé que les premiers habitants de Madagascar étaient des métis d'Indonésiens et d'Africains, venus de la côte orientale de l'Afrique noire, vers le VIe siècle. Une autre hypothèse affirme aujourd'hui que les Vazimbas, une population aux origines inconnues, étaient peut-être présents à Madagascar auparavant. Une chose est cependant sûre: on ne trouve pas sur la «Grande Île» de vestiges datant de la préhistoire. La découverte de Madagascar fut la conséquence d'un grand mouvement d'échanges commerciaux que des peuples austronésiens, dès le IIIe siècle av. J-C, établirent dans l'océan Indien pour transporter vers l'Afrique, l'Arabie et la Méditerranée les plantes aromatiques, condimentaires et médicinales de l'Insulinde. Au début de notre ère, un certain nombre de ces marchands austronésiens ont bien migré, par vagues successives, depuis la côte orientale de l'Afrique noire (Tanzanie et Mozambique actuels) pour s'établir à Madagascar. Sur les terres neuves de la «Grande Île», ils importèrent le riz, le taro, la banane, la noix de coco et le gingembre. Ils y naturalisèrent des arbres d'Insulinde comme le Cinnamomum, une variété de cannelier, et le Calophyllum, espèce alors utilisée pour les besoins de la charpenterie marine. D'Afrique, ils firent venir zébus, moutons, chèvres et pintades. Les moments de prospérité correspondaient à la formation de grandes unités territoriales rassemblant les anciennes principautés inspirées des institutions austronésiennes. Aux XIe et XIIe siècles, les Bantous, en atteignant la côte du canal de Mozambique, provoquèrent la disparition des États austronésiens et les migrations vers les Hautes Terres centrales. Cette double origine, à la fois africaine et asiatique, explique le métissage de la population et surtout de la civilisation malgache, tant dans le domaine économique (quoique la riziculture irriguée relève plutôt des pratiques indonésiennes) que dans les domaines culturel et religieux (culte des morts, notamment). Les migrations se sont poursuivies jusqu'à une période récente.


Peu à peu, les peuples de Madagascar se sont organisés en clans, dirigés par les anciens, et, à partir du XVIe siècle, en une multitude de petits royaumes. Pour la plupart, ils se sont implantés le long de la côte. Malgré la grande diversité des peuples et des organisations politiques, la population malgache présenta toujours une grande unité, notamment par l'emploi d'une même langue et du fait de l'établissement de liens d'échanges entre les différentes régions.


Madagascar dans l'océan Indien musulman Si le premier millénaire de l'histoire malgache est encore mal connu, des documents d'origine arabe (en particulier al-Masoudi, géographe qui visita l'Afrique orientale dans la première moitié du Xe siècle) et la tradition orale nous documentent assez précisément sur les événements survenus à partir du VIIe siècle. L'économie malgache a en effet été très liée à l'histoire du Moyen-Orient, région à laquelle elle fournissait aromates, épices et parfums. Le cubèbe, plante médicinale appréciée des Arabes, venait de Madagascar. Sur mer, les navigateurs musulmans établirent, aux dépens des Austronésiens, leur contrôle sur les routes et le trafic de l'océan Indien. Mais l'influence culturelle du Moyen-Orient se limita à quelques comptoirs secondaires du réseau swahili. Les vestiges d'un comptoir arabe datant du XIe ou du début du XIIe siècle ont été mis au jour près de Vangaindrano, sur la côte sud-est, et il est prouvé que l'islam avait fait quelques incursions dans l'intérieur du pays bien avant le XVIe siècle. Par ailleurs, une «ancestralité» partiellement arabe a conféré aux dynasties malgaches postérieures un surcroît de prestige.


La position de Madagascar en fit pendant plusieurs siècles la plaque tournante de la traite esclavagiste sur la côte orientale de l'Afrique et dans l'océan Indien. Du XIIe au XVIIIe siècle, le trafic fut dominé par les marchands arabes, qui fondèrent des comptoirs sur la côte nord-ouest. Il fut ensuite le fait des Européens.


Les contacts avec les Européens
En l'an 1498, Vasco de Gama qui venait de franchir le cap de Bonne-Espérance et naviguait vers l'Inde aurait aperçu la «Grande Île». En 1500, Diego Diaz qui cherchait à regagner la côte africaine dont il s'était éloigné par erreur arriva à Madagascar. Après avoir pris le contrôle de la rive occidentale, les Portugais envisagèrent, au début du XVIIe siècle, d'explorer l'île de manière systématique et de convertir ses habitants au christianisme, mais les militaires et les jésuites portugais ne purent ni surmonter l'hostilité des populations malgaches ni prendre le contrôle des comptoirs arabes. Ils abandonnèrent l'île tout en maintenant avec elle des contacts commerciaux depuis le Mozambique.


Après l'échec des Portugais, les navigateurs hollandais, en route pour l'Indonésie, prirent l'habitude de faire escale dans les ports de la «Grande Île» pour se ravitailler, avant de lui préférer la colonie du Cap où ils s'implantèrent au XVIIe siècle. Les tentatives de colonisation par les Britanniques se heurtèrent également aux difficultés liées à l'insalubrité du climat et à la vigoureuse résistance des populations. Au milieu du XVIIe siècle, les Français à leur tour se prirent d'intérêt pour Madagascar. En 1643, ils établirent au sud-est de l'île un camp qu'ils nommèrent Fort-Dauphin (aujourd?hui Faradofay), en l'honneur du futur Louis XIV. Mais en 1671, les 63 Français rescapés des attaques des populations locales durent fuir l'île. Commença alors l'ère des pirates de la «République internationale de Libertalia», qui dominèrent le commerce maritime jusque vers 1720.


La grandeur malgache En fournissant aux Sakalavas, établis dans l'ouest de l'île, les moyens d'acquérir des armes à feu, le commerce maritime de la traite donna à leur dynastie les moyens nécessaires pour asseoir leur domination sur une grande unité territoriale: l'«empire sakalava» fut une confédération de grandes principautés que scellait la parenté des divers souverains. Au XVIIe siècle, les souverains sakalavas s'emparèrent de toute la côte ouest et établirent deux royaumes: le Menabé autour de Morondava et le Boina autour de Mahajanga. Au XVIIIe siècle, ils tenaient le nord et l'ouest de l'île. Mais à la fin du XVIIIe et surtout au XIXe siècle, ils furent broyés par une autre dynastie, à son tour en pleine expansion, celle des Merinas (ou Imerinas).

Petit État des plateaux centraux de Madagascar, l'Imerina avait été unifié, au début du XVIIIe siècle, par Andriamasinavalona (1675-1710) avant d'être divisé en quatre royaumes. En 1770, deux de ces royaumes furent réunis. Vers 1785 commença le règne d'Andrianampoinimerina (littéralement: «le seigneur cher au c½ur de l'Imerina»). Jusqu'en 1806, ce souverain s'employa à réunifier l'Imerina puis se lança à la conquête de l'île. À sa mort, en 1810, il aurait laissé ce testament à son fils et successeur, Radama Ier: «La mer sera la limite de ma rizière.» Radama modernisa l'armée avant d'achever l'½uvre de son père. Il s'appuya pour cela sur les Britanniques, qui lui apportèrent leur soutien diplomatique et de judicieux conseils. À sa mort, en 1828, son épouse Ranavalona Ire lui succéda. En 1835, craignant que le christianisme vienne ruiner l'ordre politique et social fondé sur le dieu-roi, la reine revint sur la politique de son défunt époux. Sous son règne, Madagascar s'isola et se replia: les missionnaires furent expulsés et les chrétiens persécutés; cette politique isolationniste réussit à contenir les impatiences britannique et française. En 1861, le pouvoir revint à son fils, Radama II. Élevé par des Européens, celui-ci ouvrit Madagascar aux influences étrangères. Mais, partagées entre l'attrait des modèles européens et les exigences nationales, ses actions restèrent vaines et provoquèrent la désaffection populaire puis la déstabilisation des institutions sur lesquelles le pouvoir royal s'était toujours appuyé. Le désordre et la confusion s'installèrent et, en 1863, Radama II fut étranglé sur l'ordre du vieux parti hova.


À partir de cette date, le pouvoir qui revenait à la souveraine, fut en réalité détenu par le Premier ministre, Rainilaiarivony, un Hova, qui épousa successivement trois reines (Rasoherina, veuve et cousine de Radama II, puis sa cousine Ranavalona II, et enfin Ranavalona III) et demeura à la tête du pays pendant plus de trente ans. Il entreprit des réformes prudentes, réorganisa la justice et l'administration, acheva la constitution de l'État, encouragea la formation d'une élite européanisée et abolit l'esclavage. Face aux agressions françaises (1883 et 1894-1895), Rainilaiarivony n'obtint pas des Britanniques le soutien qu'il sollicita. En effet, par un traité signé en 1890 avec le Royaume-Uni, la France avait abandonné ses prétentions sur Zanzibar en échange de la reconnaissance de ses droits sur Madagascar. En 1885, sur le navire amiral d'un corps expéditionnaire français ancré en rade de Tamatave (aujourd?hui Toamasina), Rainilaiarivony fut donc contraint de signer avec la France un traité ambigu : les Merinas pensaient qu'il s'agissait d'un simple accord d'amitié mais les Français considérèrent qu'il s'agissait d'un traité de protectorat; l'état de guerre fut notifié et, en 1895, le général Duchesne fut chargé d'imposer l'autorité française. Un corps expéditionnaire de 15?000 hommes prit Antananarivo, la capitale merina, et obligea Rainilaiarivony à reconnaître son autorité, avant d'être déporté à Alger. L'insurrection populaire des Menalambos (littéralement: «toges rouges») éclata la même année.


La colonisation française


Jules Ferry : discours sur la colonisation de Madagascar (extrait) En 1896, le Parlement français déclara l'annexion de Madagascar, décrétée colonie française. Le général Gallieni fut envoyé d'urgence pour prendre le commandement civil et militaire de l'île et mater l'insurrection. Il réprima les révoltes, déposa et exila la reine Ranavalona III à la Réunion, puis à Alger, et abolit la monarchie. Gallieni établit alors les fondements de son action coloniale: «politique des races», francisation, ½uvres économiques et sociales. Il remplaça les gouverneurs merinas par des administrateurs locaux encadrés par des Français. De 1900 à 1902, Lyautey soumit les populations du Sud; en 1905, la «pacification» était achevée. Près de 50?000 Malgaches furent incorporés à l'armée française pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, la résistance du peuple malgache à la colonisation se poursuivit sans relâche, et la domination française ne fut d'ailleurs jamais acceptée. Dès les années 1910, les nationalistes se groupèrent dans une société secrète militant pour la liberté et l'égalité des droits, la Vy vato sakelika (VVS, littéralement: «Fer, pierre, réseau») dont les dirigeants, notamment le pasteur Ravelojaona, furent arrêtés en 1916. En 1920, le mouvement s'amplifia sous l'impulsion de Jean Ralaimongo. Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'administration coloniale demeura fidèle au gouvernement de Vichy. En 1942, les Britanniques débarquèrent à Diego-Suarez et occupèrent l'île, que sur l'insistance du général de Gaulle, ils acceptèrent finalement de remettre à la France libre. En 1945, les Malgaches purent élire deux députés à l'Assemblée constituante à Paris. En 1946, Madagascar devint un Territoire français d'outre-mer. Mais en mars 1947, un soulèvement populaire (insurrection des Menalambos) éclata dans l'île. La répression fut impitoyable: elle aurait fait 80?000 à 100?000 morts, et elle décapita les mouvements d'opposition créés en 1946 : le Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) de Joseph Ravoahangy, et le Parti des déshérités de Madagascar, de Joseph Raseta. En 1956, la loi-cadre instaura le suffrage universel. Un gouvernement autonome fut constitué sous la présidence de Philibert Tsiranana, fondateur du Parti social-démocrate (PSD). Mais lorsque, le 26 juin 1960, dépassant les objectifs de la loi-cadre de 1956, la Grande Île accéda à l'indépendance, la politique coloniale avait depuis longtemps jeté la jeune élite malgache dans les bras du militantisme prosoviétique.


Madagascar contemporain
S'appuyant sur le parti majoritaire, Philibert Tsiranana devint président de la République malgache. Dans les années 1970, il se trouva en butte à la montée de l'opposition : après avoir affronté une révolte paysanne dans le sud du pays en avril 1971, son régime fut emporté par une insurrection scolaire et universitaire, soutenue par travailleurs et partis d'opposition, qui lui reprochaient son option «pro-impérialiste». En mai 1972, débordé, Tsiranana remit ses pouvoirs au chef d'état-major de l'armée, le général Gabriel Ramanantsoa. Celui-ci obtint des pouvoirs étendus pour une durée de 5 ans mais, en 1975, il démissionna au profit du colonel Ratsimandrava; ce dernier fut assassiné quelques jours plus tard.

Un Directoire militaire prit alors le pouvoir, proclama la loi martiale, puis se saborda en juin. Le capitaine de frégate, Didier Ratsiraka, fut nommé président du Conseil suprême de la révolution et chef de l'État. En décembre 1975, le peuple malgache approuva par référendum la constitution de la IIe République, instituant la République démocratique de Madagascar. Le nouveau régime s'affirma aussitôt résolument marxiste et établit des relations privilégiées avec l'URSS.

Par-delà les apparences, ce régime, par le monolithisme de ses principes fondateurs et la prépondérance fonctionnelle de l'administration, mettait en place une unité néocoloniale. Cette tendance centralisatrice, qui existait déjà tant au sein du Parti social-démocrate (PSD) de Tsiranana que dans les partis de l'opposition, fut amplifiée avec la mise en place du régime militaire qui accentua le caractère étatique du pays par la nationalisation de l'économie, la sortie de la zone franc et la création du franc malgache, en 1973, une mutation diplomatique caractérisée par les distances prises avec la France et les pays occidentaux, puis, à partir de 1978, par une politique immodérée d'endettement qui allait ruiner le pays, tandis que s'accentuait la répression contre l'opposition nationaliste du Sud.

Dès 1982, les Églises catholique et protestante mirent en garde le pouvoir en dénonçant les échecs et les dérives résultant de l'idéologie révolutionnaire. À partir de 1987, la gravité de la situation économique et les besoins de l'aide internationale contraignirent d'ailleurs le régime à l'ouverture politique et à une certaine libéralisation de l'économie, en réduisant la part du secteur nationalisé et en ouvrant la porte aux investissements privés malgaches et étrangers. En 1990, une grève générale éclata. Didier Ratsiraka, tout en continuant à réprimer très durement toute manifestation, dut réunir une Conférence nationale. La délicate transition démocratique ainsi amorcée en 1991 amena la chute du régime. En 1992, une nouvelle constitution fut approuvée par référendum, donnant naissance à la IIIe République. En février 1993, l'élection présidentielle porta au pouvoir le candidat des «Forces vives», Albert Zafy, dans un pays dont le niveau de vie avait diminué de 40?% en 25 ans. Après des affrontements sanglants entre les partisans du nouveau et de l'ancien pouvoir (mars-juin 1993), le parti de Zafy remporta les élections législatives. Mais l'Assemblé destitua Zafy en septembre 1996, et Didier Ratsiraka revint au pouvoir à la faveur de l'élection présidentielle de décembre. Une révision de la Constitution lui permit de nommer un Premier ministre non issu de la majorité parlementaire. Tantely Andrianarivo fut ainsi désigné pour succéder à Pascal Rakotomavo, à la direction du gouvernement (1998). D'autre part, la population, appelée à se prononcer par référendum, valida le changement de nom de République démocratique de Madagascar, vers celui de République de Madagascar. L'année 1999 fut marquée par les laborieuses négociations que le gouvernement fut contraint d'engager avec le FMI et la Banque mondiale pour obtenir de nouvelles aides. En effet, ces derniers posèrent pour conditions au déblocage d'une première tranche de financement, la mise en ½uvre effective du programme de privatisation des principales sociétés d'État, la vente de certaines sociétés nationales et la constitution de réserves foncières touristiques. En mars 2000, le passage de deux cyclones provoqua la mort de 130 personnes et fit plus de 10?000 sans-abri, laissant le pays aux prises avec de nouvelles difficultés sanitaires et économiques.

L'élection présidentielle organisée en décembre 2001 et opposant le président sortant à Marc Ravalomanana, maire d'Antananarivo, a été l'objet de vives tensions dans la capitale malgache et de tentatives de négociations après que Didier Ratsiraka eut refusé d'admettre la victoire de son adversaire et exigé la convocation d'un second tour. Considérant sa victoire acquise dès le premier tour, Ravalomanana s'est autoproclamé président le 22 février 2002. En avril, un nouveau décompte des voix par la Haute Cour constitutionnelle a déclaré Ravalomanana élu au premier tour avec 51?46 % des voix contre 35,9 % pour le président sortant
Histoire
1810 - 1895 : Les royaumes Merina

La Constitution de l'Imerina tirait son origine des deux faits historiques bien distincts. Le premier datait de Rafohy, cette Reine de Merimanjaka, localité au début insignifiante, mais qui portait déjà en elle la prophétie d'une brillante destinée. En effet, Merimanjaka se traduit littéralement : " C'est l'Imerina qui régnera... ". Rafohy eu une fille, s½ur adoptive suivant les autres, Rangita qui laissa à son tour deux fils : Andriamanelo et Andriamananitany. Au lieu de laisser ces deux princes régner en même temps, comme le ferait plus tard Andriamasianavalona, Rafohy désigna tout d'abord Roi l'aîné Andriamanelo. Mais pour ne pas définitivement déposséder son frère cadet, et au lieu de l'apanage comme le ferait plus tard Ralambo, elle précisa au moyen d'une loi restée célèbre, la première loi constitutionnelle du royaume, l'époque à laquelle viendrait pour Andriamananitany et ses descendants, le tour de monter sur le trône. Cette loi qui allait réglementer la succession au trône durant trois siècles était formulée dans cette phrase : " A toi, Andriamanelo, je lègue le jeudi. Quant à toi Andriamananitany, je lègue le vendredi". Ainsi, le présent fut attribué à l 'aîné, tandis que le vendredi, jour d 'attente et d 'espoir fut légué à Andriamananitany. Cette dévolution successive du trône à deux branches soeurs allait être reprise par Andrianamponimerina. Andriamanelo monta donc au trône, prit pour épouse une fille du roi d 'Ambohitrabiby qui lui apporta en dot cette riche contrée. De leur union naquirent sept enfants dont l 'aîné s 'appelait Ralambo. Andriamananitany, mécontent, se révolta et fut mis à mort par ses sujets après avoir laissé un fils : Andrianamboninolona qui eut à son tour une fille d 'une grande beauté mais très fière : Ratsitohina. Désireux de respecter les dispositions prises par Rafohy, sa grand mère, le vieux Andriamanelo, laissant les pouvoirs entre les mains de son fils Ralambo lui fit la recommandation suivante avant de mourir : " Voici mes volontés mon fils : Prends comme épouse ta cousine Ratsitohina afin que suivant le testament de Rafohy, elle puise régner un jour, car le vendredi lui a été attribué ". Ralambo obéit et prit pour épouse Ratsitohina qui, en fait, était sa nièce et lui donna plusieurs enfants dont la prince Andrianjaka. Mais le destin avait sans doute voulu que la couronne ne fût jamais enlevée aux descendants directs de Ralambo tout en s 'arrangeant à ce que les volontés de Rafohy ne fussent point violées. Ratsitohina ne régna point. Ayant prédécedé à son mari, c'est l 'un de ses fils, Andrianjaka qui la remplaçait et qui fut un grand Roi. Le nouveau roi tenait donc ses droits moins de son père Ralambo que de sa mère et déjà, une nouvelle génération ayant à sa tête le nom d'une femme était née. La dévolution de la couronne s'orientait donc visiblement vers le matriarcat.

Après avoir donné à l'Imerina dix-sept rois, la dynastie de Rafohy prit fin au règne d'Andrianampoinimerina à la suite des circonstances suivantes : En 1740 régna à Ambohimanga Andriambelomasina, l 'époux d'une femme qui allait jouer un rôle dynastique important : Rasoherina. Ils avaient dix enfants dont deux filles et l 'aîné s'appelait Andrianjafy. Celui-ci fut tout d'abord désigné successeur. Mais la reine ayant remarqué l'intelligence de l'un de ses petits - enfants, le prince Ramboasalama qui était le fils de sa fille aîné Ranavalonandriambelomasina, l'appela un jour chez elle, le retint pendant trois jours, le traita avec beaucoup d 'égards et le sacra publiquement Roi devant tout le monde, devant le Roi lui-même. C'était Andrianamponimerina.

Par reconnaissance envers sa grand-mère, Andrianampoinimerina édicta une loi qui mettait désormais Rasoherina à la tête d'une nouvelle génération de Rois. Mais parmi ses enfants, il avait décidé que seuls les descendants de ses deux filles allaient être uniquement choisis : ceux de la princesse Ranavalonandriambelomasina, la propre mère du roi et de la princesse Ranavalonjanahary, sa s½ur cadette. Les descendants des autres collatéraux étaient purement et simple exclus du trône. Une fois encore, les droits des femmes semblaient s'établir solidement. Andrianampoinimerina prit pour épouse officielle la princesse Rambolamasoandro comme lui descendante de Ranavalonadriambelomasina et qui lui donne comme fils unique Radama 1er. Mais avant sa mort, il recommanda à plusieurs reprises à celui-ci de ne prendre comme épouse que la princesse Ramavo, descendante de la branche cadette de Ranavalonjanahary, s½ur de sa mère. Radama 1er obéit et épousa Ramavo. Après un règne brillant, et malgré le testament par lequel, il avait désigné successeur son neveu Rakotobe, c'est sa femme Ramavo dont le tour était venu qui montait sur le trône sous le nom de Ranavalona 1ère, nom patronymique des deux filles de Rasoherina. Après un long règne de trente-trois ans, grandiose mais mouvementé, son fils Radama II succéda, portant ainsi le nom de Radama 1er sans emporter le sang. Il prit pour épouse, la princesse Rabodo, sa cousine maternelle, mariage souhait, par sa mère, non seulement à cause de la Constitution mais aussi à cause de la grande tendresse qu'elle lui portait mieux que ses autres cousines. Radama II épousa donc Rabodo et après un règne très court, Rabodo dont le tour était venu monta sur le trône sous le nom de Rasoherina, en souvenir de la femme d'Andriambelomasina, malgré deux conjurations dont la dernière était inspirée par des étrangers. N'ayant pas d'enfants, Rasoherina mourut et conformément à la constitution, c'est sa cousine maternelle, la princesse Ramoma qui devait la remplacer et prit le nom de Ranavalona II. En conséquence, Radama II, Rasoherina et Ranavalona II étaient cousins maternels. A la mort de Ranavalona II qui n'avait pas d'enfants, il fallait au conseil de la Nation présidé par le premier ministre trouver son successeur. Ce successeur fut vite trouvé. Ce fut la jeune Rahety, fille de l'arrière petite - fille de Razafinadriamanitra, cette dernière fille de Ranavalonjanahary. Razafinandriamanitra était la s½ur de l'arrière - grand mère de Ranavalona II, Rasoherina et Radama II. Rahety monta donc sur le trône sous le nom de Ranavalona III et fut la dernière reine de la Monarchie hova.
SUITE DES HISTOIRE
1896 - 1960 : Du régime Français à la République Malgache.

L'Anarchie en 1896

Le Gouvernement Français a cru la conquête terminée par la prise facile de Tananarive, et il a laissé seulement quelques troupes autour de la ville. Des membres du gouvernement malgache veulent profiter de cette faiblesse et déclenchent le mouvement " Fahavalo " anti-français. Cette révolte est favorisée par les esclaves libérés par la France et dont beaucoup vagabondent sans ressources. En dehors de l'Imerina, des populations se soulèvent contre les Merina (Betsimisaraka, Sakalava). C'est l'anarchie.

Galliéni

Paris nomme le gouverneur général Galliéni, célèbre par l'½uvre de pacification qu'il avait déjà menée en Afrique et en Indochine. Le plan de Galliéni et de ses officiers (Lyautey) peut être résumé dans ces paroles : Lancé à la pointe du jour pour conquérir un village rebelle... l'officier doit à midi avoir ouvert un marché sur la place où l'on s'est battu le matin et...

Son oeuvre

Le rétablissement de l'ordre et la confiance

Galliéni abolit la royauté (1787) et, au lieu de réprimer brutalement la rébellion, disperse des postes militaires d'où les officiers s'attachent à convaincre les révoltés, à rassurer les populations effrayées, à leur faire reprendre une vie normale. Le passage des troupes dans les régions troublées doit rester dans la mémoire des habitants comme le souvenir d'une force juste et indulgente à laquelle il y a tout intérêt à se soumettre. C'est la méthode de la " tache d'huile ", c'est - à - dire de la pacification qui s'étend. Dès 1900 il n'y a plus de troubles graves.

L'organisation administrative

Loin de bouleverser le système existant, Galliéni le perfectionne : à côté d'administrateurs français qui doivent apprendre la langue et les coutumes du pays (création de l'Académie Malgache), il utilise les services des fokonolona, des fonctionnaires merina (en Imerina) et des chefs locaux (dans le reste du pays) à qui il dit : Faites que vos administrés tremblent à la pensée de votre départ.

L'amélioration du sort des habitants

Il supprime beaucoup de privilèges, adoucit les châtiments, distribue des terres aux anciens esclaves, répartit les impôts d'après la richesse. Pour favoriser l'accroissement de la population qu'on peut évaluer, à cette époque, à 2 à 3 millions environ d'habitants seulement, il crée l'assistance médicale gratuite. Enfin, Galliéni organise l'enseignement laïque (écoles officielles régionales) pour former des fonctionnaires, des médecins et de bons ouvriers. Ces chiffres montrent les progrès réalisés : - 1901 : 14 hôpitaux ; -1905 : 129 hôpitaux ; - 1905 : 343 écoles publiques (aucune en 1896).

La mise en valeur du pays

Galliéni fait construire les premières routes de l'Ile reliant Tananarive à Tamatave et à d'autres points le premier chemin de fer (T.C.E.), des ports. Il fait connaître aux paysans de nouvelles méthodes et de nouveaux produits agricoles (stations d'essai de Nanisana, d'Ivoloina), il favorise la colonisation européenne. En onze ans (1895-1906) la valeur des produits vendus par Madagascar est multipliée par sept. Galliéni ainsi contribué beaucoup à la modernisation de l'Ile qui avait un gros retard à rattraper.

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12/3/2006 - Un peu simpliste comme histoire

Posté par Ramavo
Et surtout tiré des manuels écrits par le colonialiste et les jésuites.
Gallieny fait executer un parent de la reine un ministre et des chefs de villages dès son arrivée. De plus il fait transférer les corps des souverains d'Ambohimanga au Rova d'Antananarivo profitant pour piller les tombeaux royaux où étaient enfermés des trésors.
Il faut revoir vos manuels monsieur et surtout mieux les choisir si je devais vous noter je vous mettrais un gros 0
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10/2/2006 - Salut

Posté par cocoheinen
Je t'attends tjrs.
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8/2/2006 - Bravo

Posté par cocoheinen
pour ce long texte très précis, historique et géographique.

Je vote 5*

Merci d'en faire autant pour moi
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8/2/2006 - Commentaire sans titre

Posté par boutchou
C'est un pays que j'aimerais beaucoup visiter et qui me fait rêver grâce à mes collègues malgache qui me parlent de chez elle, blog bien sympa et bonne continuation
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3/2/2006 - Très instructif

Posté par cocoheinen
pour le prof d'histoire que je suis et le prof de géo que Nicolas mon fils est

je vote 5*

Viens me dire bonjour

Coco
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